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a cura di Paolo Quintili - quintili@uniroma2.it
Ultimo aggiornamento: 9 agosto 1999





Evolution et critique de la théorie des climats à travers le XVIIIe siècle en France

Du déterminisme géographique à la liberté politique


par Nicole HAFID-MARTIN*


 
 
      Par une simplification comme l’histoire des idées en connaît tant, Montesquieu serait l’auteur de la célèbre théorie des climats. Pourtant, s’il en fait bien l’usage le plus étendu à l’époque et si son effort de rationalisation aboutit à une pensée conceptuelle très influente, encore faut-il rappeler l’important héritage qu’il reçoit depuis l’Antiquité.
      Aristote et Hippocrate peuvent figurer parmi les premiers penseurs occidentaux à relever l’influence des éléments climatiques sur les caractères humains mais c’est sans doute en raison d’une évidence populaire que l’idée se perpétue jusqu’à devenir un lieu commun durant plusieurs millénaires. Définir les traits d’un peuple dans un rapport étroit avec son implantation géographique et ses aspects distinctifs devient au fil du temps le produit de la "sagesse des nations" où se mêlent inextricablement expérience et préjugés divers. Par fatalisme ou résignation, les hommes ne peuvent qu’accepter en tous lieux leur destin et le déroulement des choses. Sans doute n’est-il pas inutile de souligner les liens originels que la théorie des climats entretient avec l’astrologie puisqu’ils perdurent au cours des premières décennies du XVIIIe siècle, notamment sous la plume du comte Henri de Boulainvilliers (1).
     Après avoir été admise par de nombreux écrivains du XVIIe siècle comme Boileau(2), Fénelon, La Bruyère, l’idée de déterminisme climatique revient en force à l’aube des Lumières, vraisemblablement sous la poussée d’une littérature de voyage sans cesse plus abondante. Aussi fragmentaire et confuse qu’elle ait été alors, l’incessante collecte de détails sur les moeurs et coutumes des différents peuples de la terre dévoile aux yeux des Européens l’infinie diversité des langues et des cultures mais aussi des différences considérables entre les organisations sociales. Aussi est-il probable qu’émerge dès cette époque le paradoxe qui restera si longtemps au coeur des débats sur les origines et qui freinera la pensée anthropologique au XVIIIe siècle: comment inscrire la diversité de la nature humaine dans un discours rationnel, tout en maintenant son unité fondamentale?
     On comprend l’attrait qu’exerce alors la théorie des climats dans l’élaboration de systèmes philosophiques et même scientifiques qui cherchent une cohérence interne dans le rapport des hommes à leur environnement : la différence de latitude explique celle des moeurs et par conséquent les écarts entre institutions ou gouvernements. Nature, culture et société peuvent être pensées à l’intérieur d’une dynamique préfixée mais dialectique, et non dissociées dans un chaos comme le constat de diversité aurait pu le laisser craindre. A ce sujet, Jean Ehrard analyse remarquablement les raisons d’un tel succès, à savoir que "la notion d’un déterminisme géographique s’accorde avec deux tendances majeures de la philosophie des Lumières : d’une part, elle fournit au "spinozisme" latent ou avoué de l’époque un contenu concret et l’esquisse d’une confirmation expérimentale; d’autre part, en supposant les hommes individuellement ou collectivement passifs à l’action du milieu naturel, elle rejoint l’hypothèse sensualiste, et surtout l’interprétation matérialiste qu’en donnent fréquemment les disciples français de Locke" (3).
     Curieusement, l’une des premières manifestations du regain d’intérêt pour l’influence climatique nous vient du domaine esthétique avec les Réflexions critiques sur la poésie et la peinture de l’abbé J.B. Dubos (publiées à Paris en 1719). Qu’elle soit ou non un prolongement tardif de la querelle des Anciens et des Modernes, l’oeuvre défend la thèse des avantages géographiques de certains peuples quant au bon goût, à la fécondité des artistes ainsi qu’à la qualité de leurs créations. Jugement européocentriste puisque la France, la Grèce et l’Italie en particulier produiraient l’art le plus raffiné du monde ... Toute la première moitié du siècle retentit du bruit des polémiques en aval des théories de Dubos dont les principaux détracteurs restent attachés à la doctrine classique (4).
      La médecine, parallèlement, donne une caution scientifique aux hypothèses climatiques dans sa recherche des causes de différentes maladies contagieuses comme la peste. Particulièrement actif en Angleterre, ce courant attribue aux propriétés de l’air une action déterminante dans la propagation des épidémies et l’Essai des effets de l’air sur le corps humain de John Arbuthnot (publié à Londres en 1733) connaît un grand succès à travers l’Europe (5).
     Tant de convergences - et provenant d’horizons si divers - montre bien comment s’opère la cristallisation des enjeux idéologiques autour d’un concept ; le déterminisme climatique atteint son apogée en plein débat sur les origines de l’homme (monogénisme ou polygénisme) et sur l’opposition civilisé / sauvage. Dans ce contexte, l’Essai sur le génie et le caractère des nations, publié à Bruxelles en 1743 par l’abbé F.I d’Espiard de la Borde, marque une étape par son sujet lui-même, traité en fonction du postulat suivant : "Le climat est, de toutes les causes, la plus universelle, la plus puissante" (6). Mais il appartient à Montesquieu, lecteur de l’abbé, d’avoir fourni un meilleur cadre conceptuel, plus élaboré et par ailleurs appliqué au seul domaine politique, ce qui explique partiellement le retentissement considérable de la théorie des climats dans L’Esprit des lois (1748).
     Nul doute que Montesquieu ait été influencé par les thèses médicales contemporaines puisqu’il inaugure son livre XIV (troisième partie) - le premier des quatre consacrés aux rapports des lois avec la nature du climat - , par une explication physiologique des effets du froid et du chaud sur les activités humaines (chap.II) (7). "Climat" signifie donc ici "température", définition courante à l’époque qu’entérinera l’Encyclopédie peu après, alors qu’à la fin du XVIIe siècle, Antoine Furetière donnait dans son Dictionnaire universel (1690) deux formules bien distantes de celle-ci, la première comme "espace de terre dans lequel les plus grands jours d’été vont jusqu’à une certaine heure", la seconde d’une "terre différente de l’autre, soit par le changement des saisons, ou des qualités de la terre, ou même des peuples qui y habitent, sans aucune relation aux plus grands jours d’été".
       Pour Montesquieu, en vertu de la situation géographique des lieux où vivent les hommes apparaît leur tempérament. On serait tenté de ne voir là que la reconnaissance du phénomène naturel d’adaptation tel que nous le concevons entre les êtres vivants et leur milieu physique. Mais la notion de température entraîne un clivage entre chaleur-mollesse d’une part et froid-vigueur d’autre part, donc entre l’indolence des uns et la vitalité des autres. Basée sur le principe de causalité (8), la dialectique de Montesquieu s’avère implacable puisqu’elle aboutit, comme le souligne Georges Benrekassa, à "une espèce de fixisme historique redoutable" (9). Rappelons le passage qui lui sera constamment reproché par les matérialistes athées de la seconde moitié du siècle : "Il ne faut donc pas être étonné que la lâcheté des peuples des climats chauds les ait presque toujours rendus esclaves, et que le courage des peuples des climats froids les ait maintenus libres. C’est un effet qui dérive de sa cause naturelle" (10).
      Il serait trop long d’examiner ici les nuances apportées par l’auteur même à son système(11). Plus symbolique nous paraît sa notoriété qui, par la force des convictions, a porté la théorie des climats à son acmé, c’est-à-dire à un point de systématisation fatal à sa crédibilité philosophique. Que le despotisme ou la liberté soient conçus comme une naturalité - en grande partie indépendante des hommes - freinait le processus historique dans cet espace précis où intervient l’acte politique. Il est clair pour Montesquieu que les lois doivent corriger autant qu’elles le peuvent le déterminisme géographique mais, en définitive, quel degré de développement peut-on attendre, compte tenu d’un enchaînement inéluctable des causes et des effets ? L’aspect spéculatif du problème fut rapidement perçu comme une menace par la génération des philosophes matérialistes regroupés autour du baron d’Holbach et d’Helvétius. Dans deux ouvrages - De l’esprit (1758) et De l’homme (1772), ce dernier réintègre les domaines abandonnés par Montesquieu et d’autres, c’est-à-dire, selon ses termes, "l’expérience et l’histoire" (12).
     Aux causes physiques il substitue les "causes morales", principalement responsables de l’inégalité entre les hommes. Peut-être se souvient-il des thèses de l’abbé Dubos lorsqu’il interroge ainsi le passé : "Pourquoi les sciences et les arts, tour à tour cultivés et négligés chez différents peuples, ont-ils successivement parcouru presque tous les climats?" (13). Par l’affirmation de la volonté humaine dans le devenir humain, Helvétius s’oppose au fatalisme et à l’européocentrisme implicitement inclus dans la théorie des climats, supprimant ainsi la division géographique entre peuples libres et populations esclaves. Les cycles de l’histoire -naissance, apogée, déclin des empires- s’expliquent par la corruption parce qu’en "se policant les Nations perdent insensiblement leur courage, leur vertu, et même leur amour pour la liberté" (14). A la même époque, Nicolas-Antoine Boulanger s’appuie sur l’un des grands principes de la loi naturelle -l’amour de soi- dans ses Recherches sur l’origine du despotisme oriental, affirmant que "ce serait tout accorder au physique aux dépens d‘une infinité de causes morales et politiques qui ont pu y concourir (...). Quel que soit le pouvoir des climats sur les divers habitants de la terre, nous pouvons être certains, par exemple, qu’il n’y a aucune action physique qui puisse éteindre dans l’homme le sentiment naturel de ses plus chers intérêts"(15).
     Au milieu de ce concert d’opinions presque aussi systématiques que les thèses qu’elles combattent, Diderot tempère et arbitre avec finesse. Reprenant Helvétius, le voici qui corrige de la sorte : "Il dit : l’influence du climat est nulle sur les esprits. Dites : on lui accorde trop" (16). Pour avoir été discrète ou étouffée, la voix de l’écrivain -comme celle de Voltaire- ne parvient pas à endiguer les polémiques autour de la théorie de Montesquieu. C’est qu’à rebours une nouvelle conjonction d’éléments idéologiques s’oppose à la suprématie d’une nature physique surdéterminante alors que commence à s’épanouir le concept de perfectibilité individuelle et sociale, notamment par l’éducation et la circulation des idées. En outre, la doctrine du progrès -comme mouvement expansif- se révèle étroitement liée à la notion d’universalité, ce qui explique le rejet peu à peu définitif du déterminisme climatique hors du débat philosophique. De manière paradoxale, ce qui avait initialement réactivé la théorie des climats au début du siècle va causer son déclin, tout en lui donnant une orientation scientifique concrète. Sous l’impulsion de la pensée des Lumières, les voyageurs s’attachent alors, dès le dernier quart du siècle, à observer les peuples étrangers sous l’angle du fonctionnement de leurs institutions.
     Au Proche-Orient, Volney se trouve au contact de l’extrême misère engendrée par le despotisme, notamment au cours de terribles famines dans les villes et campagnes égyptiennes. Face à cette réalité humaine insupportable, il se place d’emblée sur le terrain politique, avec pour postulat de base que "les hommes de tous les temps sont unis par les mêmes intérêts et les mêmes jouissances" (17). Aussi s’attaque-t-il violemment aux formulations catégoriques de Montesquieu, pétries selon lui de préjugés ancestraux hérités des Grecs et des Romains qui ont transmis l’idée de la mollesse asiatique, alors que l’histoire de l’Antiquité laisse le témoignage de peuples actifs et conquérants. Volney lui-même constate la vivacité naturelle de nombreux travailleurs -paysans ou matelots- malgré la forte chaleur. Sa dialectique est d’une clarté égale à celle de Montesquieu, avec l’avantage considérable d’une connaissance de l’Orient et d’une hypothèse moins discriminatoire que le déterminisme géographique : "Toute activité, soit de corps, soit d’esprit, prend sa source dans les besoins ; que c’est en raison de leur étendue, de leurs développements, qu’elle-même s’étend et se développe" (18). Inutile de nier l’influence et les interactions du milieu sur les hommes puisque partout ceux-ci adaptent leur mode de vie à la nature du sol, des vents et à l’hydrographie etc... Et pointe déjà, sous la plume du voyageur, la nécessité d’une définition du climat au contenu expérimental et sur des bases épistémologiques plus conformes aux acquis récents des sciences de la terre : "Que veut-on dire par pays chauds ? Où pose-t-on les limites du froid, du tempéré ? Que Montesquieu le déclare, afin que l’on sache désormais par quelle température l’on pourra déterminer l’énergie d’une nation, et à quel degré du thermomètre l’on reconnaîtra son aptitude à la liberté ou à l’esclavage" (19).
     Le réquisitoire de Volney - qui traverse l’ensemble du Voyage en Egypte et en Syrie- obéit au double objectif d’évacuer toute trace de la vieille et tenace théorie des climats dans l’analyse de l’Orient et d’introduire à l’intérieur de l’espace ainsi libéré la thèse d’un aménagement des activités humaines en rapport avec la sphère politique. Il convient de mesurer la portée de cette rupture, engagée sur divers plans par la philosophie des Lumières, en faveur de la maîtrise du devenir social. A la veille de la Révolution française, la perspective d’une liberté collective -à conquérir par la "régénération", c’est-à-dire un mouvement réformiste- s’ouvre sur une nouvelle dimension de l’individu dans la société, basée sur le respect du droit naturel et la conscience d’une responsabilité des institutions sur le sort du peuple.
      Tout au long du XVIIIe siècle, le débat sur le déterminisme climatique n’a donc cessé de dresser les uns contre les autres des esprits de tendances et d’intérêts fort éloignés -mais parfois proches- et nous regrettons que ce bref recensement n’en mentionne que les grandes étapes évolutives, au détriment d’une véritable étude diachronique. Les enjeux d’une telle polémique, aussi générale(20) que déterminante dans ses conclusions, déplacent successivement les éléments du rapport nature-société de la pensée spéculative vers une observation détaillée et rigoureuse des phénomènes. Aussi, dès le siècle suivant, apparaît la géographie humaine qui prend pour objet l’évolution des sociétés en rapport avec le milieu physique où elles vivent, soit du point de vue de l’action des agents naturels sur elles, soit de celui des réactions de l’effort et de la volonté humaine sur les agents naturels. Pour les historiens de cette discipline, Volney en est l’un des précurseurs.
     Enfin, si l’on considère que l’ethnologie naissante prend en charge la réflexion sur le concept de fait culturel - déjà amorcée par certains Idéologues - en répondant peu à peu au problème de la diversité des moeurs, l’explication climatique ne relève plus que des réalités auxquelles s’adaptent les hommes. Il reste pourtant une béance idéologique pour tous ceux qui veulent justifier l’écart de développement entre les nations. Au cours du XIXe siècle, l’idée de race -issue de la pensée anthropologique des Lumières- influencera certaines approches philosophiques, politiques et même scientifiques (21) dans le sens d’un déterminisme biologique. Si, globalement, la théorie des climats n’a pas survécu aux attaques des matérialistes par son incapacité à instaurer un moyen terme entre nécessité et liberté, elle reste un point d’ancrage historique dans la recherche d’un équilibre entre nature, société et politique.
 
 

* La Chapelle St. Mesmin. Auteur de la thèse : Voyage et connaissance au tournant des Lumières (1780-1820), Oxford, Voltaire Foundation, 1995. 



 

NOTES



(1) Auteur de nombreux ouvrages historiques, H. de Boulainvilliers (1658 - 1722) rédigea en 1711 une Astrologie mondiale (...) longtemps restée inédite. Sa Vie de Mahomet parut en 1730.

(2) Ne citons qu’un seul exemple tiré de l’Art poétique, III, v.113 - 114 : "Des siècles, des pays, étudiez les moeurs ; Les climats font souvent les diverses humeurs".

(3) Erhard Jean, L’idée de nature en France dans la première moitié du XVIIIe siècle, Paris, Albin Michel, Bibliothèque de "L’Evolution de l’humanité", 1994, p.691.

(4) Voir à ce sujet l’excellente étude de Roger Mercier, "La théorie des climats des Réflexions critiques à L’Esprit des lois, Revue d’histoire littéraire de la France, janvier - mars et avril - juin 1953, pp.17-37 et 159 - 175.

(5) En 1742, l’ouvrage est traduit en français notamment. Sur l’aspect médical du problème, se reporter encore à l’étude citée de Roger Mercier.

(6) op.cité, t.III, p.5.

(7) L’auteur (anonyme) de l’article "Climat" dans l’Encyclopédie (au tome III paru en 1753) souligne d’ailleurs le caractère banal de cette analyse médicale, si répandue à l’époque où paraît l’ouvrage.

(8) "Ce sont les différents besoins dans les différents climats, qui ont formé les différentes manières de vivre ; et ces différentes manières de vivre ont formé les diverses sortes de lois", L’Esprit des lois, 3ème partie, Livre XIV, chap.X.

(9) Benrekassa Georges, La politique et sa mémoire, Paris, Payot, 1983, p.154.

(10) L’Esprit des lois, 3ème partie, Livre XVIII, chap.II.

(11) L’une des plus importantes est peut-être la suivante : "Je ne sais si c’est l’esprtit ou le coeur qui me dicte cet article -ci. Il n’y a peut-être pas de climat sur la terre où l’on ne pût engager au travail des hommes libres. Parce que les lois étaient mal faites, on a trouvé des hommes paresseux ; parce que ces hommes étaient paresseux, on les a mis dans l’esclavage", L’Esprit des lois, 3ème partie, Livre XV, chap.VIII.

(12) De l’esprit, Paris, Fayard, Corpus des oeuvres de philosophie en langue française, 1988, p.401.

(13) Ibid, p.392.

(14) Ibid, p.402.

(15) Op.cité, éd. Paul Sadrin, Paris, Les Belles Lettres, 1988, section I, pp.12-13. L’ouvrage fut publié en 1761 par le baron d’Holbach, après la mort de l’auteur.

(16) Réfutation du livre De l’homme d’Helvétius (1774) dans Oeuvres complètes (en 15 vol.), Paris, Club français du livre, 1969-1973, t.11, p.540.

(17) Voyage en Egypte et en Syrie, Paris - La Haye, Mouton et C°, 1959, p.328. L’ouvrage est publié en 1787 à Paris et connaît immédiatement un succès considérable en France et même en Europe.

(18) Ibid, pp.402-403.

(19) Ibid, p.402.

(20) On pourrait retrouver l’influence de la théorie des climats ou sa critique chez tous les penseurs des Lumières, de Turgot à Voltaire, Condorcet etc...

(21) L’écrivain Arthur de Gobineau, le sociologue Jules Soury, le médecin Paul Broca etc.
 
 

 

 

 
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